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La Fédération romande

a le plaisir

de vous proposer un nouveau

 

« billet d’humeur »

 

rédigé par

Micheline Kretschmer

 

responsable de formation à l’Institut d’études sociales à Genève de 1965 à 1999

 

…quelques souvenirs, quelques réflexions sur l'évolution du monde et de la société.

 

 

Extraits :

 

 

À propos de quelques petits déjeuners !

 

Aujourd’hui, ma chronique commence par le récit d’un petit voyage de deux jours. Comme ça, juste pour se faire plaisir, je suis invitée à accompagner mon neveu et sa compagne, pour une balade. Ce sera la région de Fribourg, belle en paysage, avaient-ils annoncé. Et ce fut un beau tour, avec de bons repas dans des restaurants sympathiques, et aussi l’hébergement dans un gite, tenu magnifiquement par un couple charmant. Deux grandes chambres, un bord de route sans passage sinon parfois celui du MOB (Montreux-Oberland-Bernois), un accueil chaleureux et bienveillant.

 

Bien installée dans ma chambre un peu fraîche, et une fois réchauffée grâce à un supplément de couette, j’ai très bien dormi. Le petit déjeuner est à 9h30, le temps de paresser dans un lit confortable.

 

Les maîtres du logis partagent table et repas avec nous, et l’échange est gai et riche.

Que c’est agréable de découvrir une table si joliment garnie pour le petit déjeuner. Pain, beurre, confiture maison, mais aussi fromage et bircher, et charcuterie. Et même, puisque nous sommes en terre fribourgeoise, cuchaule et moutarde de la Bénichon.

 

La cuchaule est un genre brioche, mais surtout la pâte en est agrémentée de safran qui lui donne un goût délicieux, et une douce couleur jaune. Elle se déguste lors des festivités gastronomiques qui marquent la fin des travaux de la terre, naturellement accompagnée de la moutarde de Bénichon, dont je ne connais pas la recette, mais crois savoir qu’elle est faite de multiples ingrédients. La recette est un secret de famille !

 

 

Cette brève escapade était comme un temps de petites vacances ! un temps joyeux et paisible car nous sommes en vraie amitié.

 

De retour chez moi, je m’y trouve bien, comme toujours.

La vie ordinaire est réinstallée, et mon petit déjeuner, maintenant c’est moi qui le fais. Et c’est à recommencer chaque matin. Faire bouillir l’eau pour le thé, sortir beurre et confiture. Enfiler une petite veste (il fait frisquet le matin) pour sortir chercher un « pain balance » chez un confiseur-chocolatier, qui propose aussi juste quelques pains délicieux et originaux.

 

Récemment installé dans ma rue, les jeunes vendeuses et vendeurs sont chaleureux et connaissent déjà cette vieille dame, acheteuse régulière. Dès que j’arrive, ils enfilent des gants pour mettre mon pain dans un sachet garanti non plastique. Plein de sourires, ils ouvrent la porte pour moi, et ponctuent : A bientôt.  C’est la première rencontre du jour ! et j’aime !

 

À propos de pain, alors je me souviens !

 

C’est le temps de la guerre 1939-1945. La Suisse est épargnée. Pourtant angoisse à la maison. Mes parents ont connu la guerre de 14-18 ! Alors c’est silence, l’oreille collée contre le poste de radio pour les nouvelles. C’est aussi le temps des restrictions, et donc des coupons de rationnement pour l’alimentation et les textiles. J’ai 10-12 ans !

 

Nous habitions Lausanne, au haut de la ville, Rue du Mont-Blanc 12. J’allais déjà chercher le pain pour le petit déjeuner ! c’était chez Mme Coyetaux, la boulangère revêche, peu sympathique, et peu serviable. Je payais et donnais les coupons de pain.

 

 

 

 

Plus sympathique était M. Pasche, l’épicier, voisin de Mme Coyetaux. J’y achetais cent grammes de beurre, payais le prix, et sciemment laissais dans le porte-monnaie du ménage le coupon de beurre. Avec M. Pasche, nous ne nous sommes jamais rien dit à ce propos, délicieuse complicité entre cet important patron et cette gamine habile.

 

 

La plupart des boulangeries affichaient un panneau sur lequel était inscrit, bien lisible :

 

« Du vieux pain n’est jamais dur, mais pas de pain, ça c’est dur ! »

 

Astucieuse mesure pour que nous n’en mangions pas trop. Il n’avait pas le bon goût et le charme du frais « pain balance » ou de la cuchaule fribourgeoise.

 

Un jour pourtant, après la guerre, les restrictions alimentaires s’assouplirent, disparurent et l’on put de nouveau acheter, et surtout se régaler de pain frais. La Fête !!!

 

Et aujourd’hui encore, je me fais un régal de mon pain frais du matin !

 

 

Micheline Kretschmer

28 octobre 2019



 


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