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Positionnement de la Plateforme sur la formation ES d'animateur/trice communautaire

Le Plan d'Etudes Cadre  «Animateur/trice communautaire dipl. ES» est mis en consultation publique,. Le positionnement de la Plateforme romande de l'animation est attendu pour le 12 juin 2013.


 

Le positionnement ci-dessous est soumis à l'ensemble des membres de la Plateforme.

Les réactions reçues sont intégrées dans la version 2, puis 3. Les modifications sont surlignées en jaune.

Les documents relatifs à la consultation sont joints en fin du texte (plan d'études cadre, etc.)

Vous avez trois chemins pour vous prononcer : 

- via le forum ci-après

- via le formulaire d'inscription ci-après

- par mail à info@anim.ch

 

Voici le texte, également annexé : 

 

"Concerne : PEC animateur/trice communautaire : positionnement de la Plateforme romande de l’animation socioculturelle


Madame, Monsieur,

La Plateforme romande de l’animation socioculturelle salue la qualité du contenu de cette formation. Les groupes au travail ont fourni un remarquable travail d’élaboration de ce dispositif cohérent et pertinent en regard de l’intervention communautaire.

Le titre en 2012 était : travailleur/travailleuse communautaire. Il est devenu en 2013 animateur/trice communautaire.

C’est plus interpellés encore que les acteurs romands de l’animation membres de la Plateforme se positionnent aujourd’hui.

La Plateforme romande de l’animation est une association qui réunit des professionnels, des formateurs, des employeurs, des militants associatifs de tous les champs de l’animation : centres socioculturels, animation de jeunesse en milieu ouvert, travail social hors murs, action communautaire, travail auprès de personnes âgées, médiation culturelle, etc.

Les inquiétudes exprimées en mai 2012 demeurent entières.
Elles sont reprises ici pour l’essentiel et développées ensuite, sur la base des réserves émises en 2012 par le comité.

 

Processus de travail, compétences et champs d’action sont peu différenciés entre cette formation en école supérieure soumise à consultation, et la formation existante donnée dans les hautes écoles. Certes, ce qui précède inspire ce qui suit.
Mais les risques sont élevés de concurrence sur le marché du travail, d’engagement demain de personnes moins qualifiées pour des postes ouverts aujourd’hui à des diplômés HES, de sous-enchère salariale, de moindre soutien pour une formation continue qualifiante à un niveau HES.
Le travail social vit ces dernières années une démultiplication des formations sur l’axe vertical : master, bachelor, CFC, attestation.
L’animation travaille encore à intégrer les porteurs d’un CFC ASE (certificat fédéral d’assistant socio-éducatif), non sans tension. L’intégration d’un niveau ES entre les niveaux ES et HES risque de générer de pénibles et chronophages tensions identitaires.

 

Le marché romand des places d’animation est un petit marché, certes évolutif, certes créatif et créateur d’emploi, mais a priori pas extensible avec un soudain saut d’échelle dû à une nouvelle formation d’animateurs communautaires..
Trois sites HES, Genève, Lausanne et Sierre, forment déjà chaque année une septantaine d’animateurs socioculturels. Ce chiffre est en hausse ces dernières années. Le ratio entre le nombre d’animateurs diplômés et le nombre de places de travail se tient dans un équilibre dynamique.

L’axe du développement communautaire est un axe important de la formation et de la pratique en animation socioculturelle.
Si, en Suisse alémanique, animation jeunesse en milieu ouvert et animation communautaire se pensent peut-être en complémentarité, il n’en va pas de même en Romandie où l’animation socioculturelle forme des professionnels pour ces deux champs d’action, ainsi que pour l’animation auprès de personnes âgées, la médiation culturelle, etc.
Comment éviter la confusion entre l’appellation animateur communautaire et animateur socioculturel ?

La Romandie, traditionnellement, a consenti plus d’effort que la Suisse alémanique pour qualifier les professionnels en poste au niveau du diplôme ES autrefois, HES aujourd’hui.

 

Certes, des professionnels sont en poste et ne sont pas qualifiés.
Les HES multiplient les efforts pour leur permettre l’accès au diplôme : admission sur dossier de personnes sans maturité, validation d’acquis, formation en emploi, formation à temps partiel,…

Par ailleurs, l’extension de la formation existante d’éducateur ES au champ de la vieillesse représente une piste féconde de travail. En effet, des animateurs détenteurs aujourd’hui d’un CFC ASE, sans maturité, désirant poursuivre leur parcours qualifiant, oeuvrent dans ce champ, et la formation d’éducateur ES forme des professionnels pour l’accompagnement quotidien en institution.

 

Pour ces différentes raisons, que viennent développer ou compléter ci-dessous les réserves émises déjà en mai 2012, la Plateforme romande de l’animation fait part dans cette consultation d’un avis défavorable quant à ce PEC dès lors qu’il ouvre à la possibilité de la mise en place de cette formation d’animateur communautaire ES un jour en Romandie.


1. Raisons liées à la création d’un niveau ES dans un champ qui ne l’a pas nécessité jusqu’ici

 

• Les champs présentés dans le PEC soumis à consultation sont identiques aux champs investis aujourd’hui par les animateurs socioculturels. Or, la formation ES n’est ni motivée, ni pensée dans une complémentarité d’action, mais pour qualifier des professionnels qui ne peuvent entrer en HETS. Le risque existe d’ajouter une formation qui mettra en concurrence des professionnels.

 

• La formation ES présentée comporte le risque de pousser les professionnels HES actuellement sur le terrain vers des fonctions d’encadrement, de coordination ou de conseil. Or, le bachelor HES en travail social est une « formation orientée vers la pratique professionnelle en travail social, d’essence généraliste, de niveau académique, avec un fort ancrage dans le terrain, qui articule différents niveaux de compréhension des problématiques sociales, à l’écoute des nouvelles attentes des institutions et des responsables politiques, qui construit et transmet une éthique professionnelle », qui forme « des professionnels spécialistes de l’intervention sociale et de l’accompagnement des personnes, avec de réelles facultés d’adaptation et d’évolution, constituant une force d’analyse, de développement et d’innovation, insérés dans un réseau de professionnels du social, à l’aise dans la collaboration interdisciplinaire et interinstitutionnelle, disposant de compétences en organisation et communication, conscients de leur influence et de la responsabilité qu’elle suppose » (HETS Genève)

 

• Les profils sont trop peu différenciés pour une même durée d’études : processus de travail et compétences sont pratiquement similaires, dès lors que l’action se pense, se construit et se développe en milieu ouvert. Le PEC présente plus de similitudes avec la formation HETS d’animateur que les PEC ES qui forment à des pratiques d’accompagnement en institutions, ouvertes sur la communauté, avec les éducateurs de l’enfance, éducateurs sociaux et maîtres socioprofessionnels
Ceci engendre au moins 3 conséquences négatives
- La formation ES ouvre au risque de sous-enchère salariale. On voit déjà des diplômés HETS accepter de fournir leur compétence pour des postes d’ASE
- La formation ES ouvre à l’engagement de qualifications moins poussées pour des postes pour lesquels ce niveau de qualification était jusqu’ici reconnu
- La cohabitation de formations trop peu différenciées sur le plan des compétences, et de niveaux de qualification différents est vouée à générer d’inévitables tensions identitaires coûteuses en énergie, en temps, en coopération et en production. Pire, ces tensions inhérentes à une trop grande similitude de métiers pourtant différemment salariés sera imputée à l’incapacité des professionnels à collaborer. (« Il semblerait que la distance entre professionnels exerçant des métiers différents soit un élément favorisant le travail en commun. Plus cette distance est grande et plus des formes de collaboration ont des chances de se mettre en place harmonieusement. Cette distance n’inquiète pas, elle est même rassurante dans la mesure où elle évite que les professionnels se sentent en situation de compétition. » (Elian Djaoui, les organisations du secteur social, approche psychosociologique, 2002)

 

• Le public d’animateurs que la Plateforme peut identifier comme étant intéressé à une formation de niveau ES est constitué d’animateurs autrefois qualifiés par l’AVDEMS, la FEGEMS ou la Croix-Rouge fribourgeoise, dont certains obtiennent aujourd’hui un CFC d’ASE (assistants socioéducatifs). Ce public est intéressé à pouvoir se former sans devoir obtenir une maturité. Or, un élargissement du profil d’Educateur-trice social –e répondrait mieux à leurs attentes qu’un profil de travailleur-euse communautaire qui les projetterait en milieu ouvert , dans le travail de quartier, alors que leur carrière s’est construite en institution, auprès de personnes âgées. L’intérêt de se qualifier est de pouvoir élargir l’éventail de leurs champs d’intervention vers d’autres populations, du handicap et de l’enfance. Des contacts déjà pris dans ce sens, sollicitant des spécialistes de la gérontologie pour intervenir dans la formation d’éducateur social sont réjouissants.

 

• Dans le créneau bien spécifique des animateurs socioculturels, qui travaillent précisément dans les champs et avec les publics listés dans le chapitre 1 du PEC de travailleurs-travailleuses communautaires diplômés ES (maisons des jeunes ou de quartier, … travail dans les quartiers, travail avec des personnes âgées, …), la formation de professionnels au profil similaire viendra inévitablement en concurrence. Or, les animateurs socioculturels mobilisent déjà la créativité et les compétences inhérentes à leur métier pour créer des places de travail de façon à trouver de l’emploi pour chacun. Le semestre d’orientation en animation en Valais est clairement orienté et construit pour élargir les champs d’intervention de l’animation. La HETS Genève engage des enseignants en portant attention à les choisir avec un réseau dans les champs dits émergeants. Le champ du travail communautaire est le champ privilégié des animateurs socioculturels. L’énergie, la créativité et le savoir-faire que l’animation déploie pour créer des emplois génère un équilibre sur la Romandie, qui permet marginalement d’engager des professionnels de formations différentes, éducateurs, universitaires, etc. Cet équilibre n’appelle pas la création d’une formation similaire, mais d’un niveau inférieur, pour ce même champ. Il est déjà très difficile d’y intégrer des ASE, sans produire de sous-enchère salariale et de risque de sous-emploi.


2. Raisons liées à la création d’un niveau ES dans une offre de formations existantes

 

• La valeur d’un titre est définie par le titre à produire avant l’entrée en formation. Pour favoriser la reconnaissance des professionnels formés en Suisse sur le marché européen, la Suisse a fixé la maturité, professionnelle, spécialisée ou gymnasiale, comme exigence d’entrée pour l’obtention du bachelor. Aujourd’hui, l’une des raisons principales évoquées pour justifier la création d’un niveau ES est de permettre une qualification aux professionnels dont on statue qu’ils n’obtiendront pas la maturité. Or, les HETS s’ingénient à ouvrir l’accès au bachelor à ces publics adultes en réorientation professionnelle.
- Maintien des cursus de formation en emploi et même à temps partiel
- Validation d’acquis et entrée sur dossier
L’obtention de la maturité professionnelle est également facilitée :
- En 1 année, ou en 2 ans en formation en emploi, ou par l’examen en s’y présentant en candidat libre via l’article 32
- Par la combinaison d’un CFC et d’un diplôme de l’Ecole de Culture Générale.


3. Raisons liées à la création d’une formation en développement communautaire

• Développement ou action communautaire, action ou intervention collective, ces formes de travail existent déjà. Elles font l’objet de formations post bachelor : un CAS (Certificat d’études avancées) en Développement social, santé communautaire et dynamiques participatives à la HEdS en collaboration avec la HETS à Genève, un DAS (Diplôme d’études avancées) à la Source, en collaboration avec l’éésp et la HES-SO Valais


 





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