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anim.ch > Journées > Journées romandes > 2008 26 nov Enfants > Dina Borel
  
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Dina Borel

Conférence de Dina Borel
(psychopédagogue d'origine grecque.Travaille à la Voie lactée)


L'équipe travaille selon la pédagogie Freynet : la pédagogie institutionnelle, dont la philosophie est de chercher à rendre l'enfant acteur.

 Il y a peu de lois dans l'école :

  • Je viens pour apprendre

  • Ici, c'est interdit de faire mal physiquement ou moralement.

 Chaque classe a le droit de détailler les lois en règles. Elles sont élaborées avec les enfants.

On fait avec chaque enfant un projet qui se concrétise par la signature d'un contrat.

Une évaluation intervient trimestriellement. L'évaluation fait gagner des deniers.

Les deniers permettent de payer des amendes consécutives à la transgression des règles.

Une classe de pédagogie organise plusieurs lieux de parole, où l'enfant peut exposer ses problèmes et négocier les sanctions. Tout progrès est visualisé avec des petites couleurs, inspirées des ceintures de Judo.

 Histoire d'Alexandre

Il est à la fois timide et capable d'immenses colères. La moque au nez, il claque les portes, erre dans les couloirs, insulte-

Il lui arrive d'aller chercher un câlin chez Dina Borel. L'équipe décide de l'intégrer dans la classe « Vénus », de Dina Borel.

A la question de savoir ce qu'il veut atteindre comme objectifs, il répond : des jeux et du foot.


L'équipe s'interroge sur Alexandre.

Alexandre ne participe pas aux activités de production commune. Il vole, il est grossier, il a des gestes obcènes. Il refuse de payer les amendes. Il fait caisse commune avec Bruno. Bruno gagne et Alexandre dépense.

A une réunion, Bruno dit à Alexandre qu'il ne gagne pas beaucoup.

Dina Borel rappelle souvent la règle.

A la fin du mois de septembre, Alexandre est d'accord de signer un contrat type.

Il investit peu à peu le travail.

Il gagne des deniers, se dédouane de ses sanctions, restaure l'estime de lui-même.

 

En janvier, il signe son 2ème contrat. Il investit les réunions, se montre affectueux avec ces camarades. Il collabore avec un camarade, Sébastien. Il se reconnaît dans un espace d'identification positive. Il investit l'autre et lui-même.

 

Dina Borel propose de travailler avec lui individuellement. Elle établit un contrat spécial avec lui.

Un rendez-vous avec les parents est décisif. Alexandre leur montre le contrat comme un bon objet, fait par lui et pour lui.

Alexandre dit : « je ne veux pas que les deniers perdus apparaissent dans le carnet à mes parents, parce que mon père me coupera la tête. « 

Alexandre semble avoir besoin de s'inventer fantasmatiquement la menace de son père pour que sa construction agisse comme un contenant.

 

La classe fait partie de l'identité d'Alexandre.

Il tombe amoureux, ce qui signifie qu'il se considère comme pouvant être aimé.

Il peut se projeter dans le futur, et songe à devenir pompier.

Comme il ne pouvait pas être bon dans le travail scolaire, il cherchait sa force dans le passage à l'acte. L'école lui permet de transformer la dévalorisation de son moi en une construction de sa valeur. Alexandre a poursuivi son parcours. Il est aujourd'hui boucher.

 





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