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rencontre avec Sandrine Gillieron, du Terrain d'Aventure de Lancy Voirets
Un article de  Laurent Bachelet, Joëlle Nusbaumer, Audrey Zahno

A travers cet article vous découvrirez comment Sandrine est devenue militante associative au Terrain D’aventures de Lancy-Voirets et quelle part de représentativité et de combativité fait preuve le comité de l’association face aux politiques actuelles et à l’avenir de l’animation socioculturelle.

Nous avons rencontré Sandrine, au cours d’un interview durant lequel nous avons pu connaître le fonctionnement du Terrain D’Aventures de Lancy-Voirets, dont elle-même est membre du comité d’association depuis sept ans.

« Vous êtes la personne qu’il nous faut !»

Suite à une fête d’école, cette dernière a eu écho du terrain d’aventure. Trouvant le lieu adéquat pour son enfant, elle procède à la lecture du rapport d’activité et est d’emblée invitée à rejoindre le comité par l’une des membres déjà présente qui déclare : « Vous êtes la personne qu’il nous faut !».

Le Terrain d’Aventure Lancy-Voirets existe depuis trente ans, il a été offert par une famille de la commune. L’un de ses buts est d’offrir une sensibilité à l’écologie pour des enfants de six à douze ans, en les amenant à se questionner sur ce qu’ils consomment, comment et quand – (saison), tout en mettant à leur disposition un espace qui accueil l’enfant dans un lieu laissant place à sa créativité et à sa liberté. On y aborde aussi les notions de recyclage, de seconde vie des objets, et de biodiversité. La pratique de l’accueil libre est également de mise : « la présence des parents n’est ici pas la priorité ». Toutefois, ceux-ci accompagnent leur enfant au Terrain d’Aventures lors de sa première inscription, qui est d’ordre symbolique.

L’équipe actuelle est composée de trois animateurs et de quatre moniteurs gérant les activités du lieu et qui assurent son bon fonctionnement. Le comité d’association collabore ouvertement et très étroitement avec les animateurs et a pour tâches de soutenir ceux-ci dans leurs activités ainsi que de régler les conflits d’équipe éventuels. C’est au comité que revient la tâche de procéder à une première sélection au cours du processus d’engagement du personnel ainsi que valider également toutes les demandes logistiques. Il a notamment le rôle de relayer et transmettre les informations et les demandes formelles auprès de l’employeur, la Fas’e, et des autres partenaires.

Composé de bénévoles, il a aussi besoin périodiquement de nouveaux membres. Une démarche de recherche et de consolidation des liens est donc nécessaire à la vie du milieu associatif. Ces acteurs proviennent de divers horizons. Banquier, secrétaire, ergothérapeute ou encore informaticien, ils sont importants dans leur diversité et la représentativité du quartier nourrissant les réflexions relatives au Terrain d’Aventures.

Le comité joue un rôle primordial lors de la sélection de l’engagement du personnel ainsi que pour la validation de toute demande logistique.

Sandrine précise que c’est essentiel de valoriser certains membres afin de les aider à prendre une place pour leur insertion au sein de la collectivité. L’un des principaux freins au développement associatif se joue au niveau du temps à disposition. Cela demeure difficile de gagner de nouveaux membres. Souvent les bénévoles aimeraient effectivement pouvoir davantage s’investir. Cependant ils sont limités. Généralement, les personnes intéressées s’engagent par le biais de la connaissance d’un autre membre ou de l’association. Ce sont des parents qui, pouvant se sentir concernés par ses activités, comme elle, se laissent convaincre aussi parce que l’on a besoin d’eux. Poursuivant, cette militante associative déclare : « Certains membres de la communauté changent leur attitude ; ils adoptent quelquefois une réaction plus posée lorsqu’ils deviennent a leur tour acteur, porte-parole de l‘association. Une sorte d‘éthique se développe ». Aujourd’hui, l‘association compte 80 membres. Cinq personnes sont engagées au sein de son comité garantissant son fonctionnement, hormis les voix consultatives. Elle a également étendu son rayon d’actions dans deux écoles. L’Association du Terrain d’Aventures Lancy-Voirets est présente aux inscriptions en même temps que le GIAP et mène depuis maintenant deux ans une collaboration avec celui-ci.

« La communication orale est la plus archaïque mais la plus efficace. »

Malgré les moyens de communication multiples dont on dispose actuellement, se faire connaître et donner aux habitants le moyen de mettre un visage sur un nom reste primordial. C’est ce qu’explique Sandrine. Le bouche-à-oreille s’avère pour sa part un outil efficace dans les relations établis par le comité. « La communication orale est la plus archaïque mais la plus efficace. ». Actuellement, le Terrain d’Aventures bénéficie d’une bonne diffusion de ses activités. Il édite en outre un programme qu’il distribue dans le réseau tous les deux mois.

De par sa perception, Sandrine Gilliéron souligne l’importance d’une réflexion permanente autour du projet institutionnel. Celui-ci a été élaboré en 2006 et à son avis devrait être revisité assez régulièrement. Ceci par ailleurs permet de réorienter l’action. D’après Sandrine, les difficultés institutionnelles ont contribué à faire avancer le débat sur les problématiques sociales, ainsi que l’investissement des animateurs et des différents acteurs dans un souci d’éthique professionnelle. La relation établit avec un conseiller municipal qui adhère aux valeurs de l’association facilite son développement tout en garantissant une continuité dans l’action. Un changement au sein du groupe de pilotage qui comptabilisait auparavant deux postes associatifs contre un seulement à l’heure actuelle, ainsi que deux, au niveau étatique, risque selon Sandrine Gilliéron de changer la dynamique et diminuer la liberté des milieux associatifs. Il y a malheureusement des chances qu’il apparaisse des dichotomies entre les volontés de l’état par le biais de la Fas’e, qui sont en inadéquation avec le terrain, et les valeurs défendues par les acteurs des milieux concernés.

A travers cette interview, nous constatons l’importance du milieu associatif dans la part active de l’engagement du citoyen envers sa collectivité. Grâce à cet intermédiaire, il peut partager un espace en ayant droit à la parole, explorer de nouvelles formes d’expression, ainsi que débattre sur des sujets qui le préoccupe, de même simplement, qu’être amené à participer à la vie de son quartier. A travers cette expérience, il aborde diverses valeurs telles que : développement durable, lien social, intégration, vie du quartier, … Sur ces valeurs s’élaborent de nouvelles règles de vie commune. Le citoyen s’engage dans un respect mutuel et souvent obtient de la reconnaissance.

Le milieu associatif est un corollaire indispensable à l’animation socioculturelle

Le comité d’association est susceptible de constituer un véritable soutien pour les animateurs socioculturels et contribue à l’enrichissement des lieux d’animation. Il permet également d’orienter ou de suggérer certaines des actions des centres dans leur ligne de conduite. Ces actions défendues par les animateurs sont de ce fait légitimées par les membres. Ceux-ci sont les représentants des citoyens. Le comité joue en quelque sorte un rôle de tampon entre les politiques et la population.
S’il est parfois une contrainte, dépendamment du mandataire, le projet institutionnel peut également être un outil performant. Il permet de co-construire un projet basé sur des valeurs reflétant les préoccupations des habitants et donc, par conséquent, de les asseoir. Dans cette perspective, il offre également la possibilité de se baser sur des notions communes, de structurer les discussions et actions. Il représente aussi un excellent modèle d’appui pour l’évaluation des actions menées. Dans ce cas, l’analyse et l’objectivité du travailleur social sur le terrain prend toute son importance car elles participent également à faire remonter les informations du terrain ainsi qu’à réorienter et ajuster les actions.

Le milieu associatif est un corollaire indispensable à l’animation socioculturelle. Son rôle n’est-il pas finalement d’encourager et de préserver ce milieu qui représente les idées, les besoins et attentes de la population plutôt que de supporter les injonctions politiques inadaptées ?








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