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Enfance (la grande maison)
L'envie de faire évoluer des pratiques face au besoin de s'ancrer dans le passé.
La Grande Maison est une institution pas comme les autres. En tout cas, pas comme celles que j'ai connu jusqu'ici dans mon parcours professionnel. D'ailleurs, j'ai envie de dire qu'elle n'est pas une institution, elle est "une maison"... En tant que membre de son équipe durant six mois de stage, j'ai eu l'impression que, lorsque mon horaire débutait, je ne me trouvais non pas uniquement sur mon lieu de travail, mais bel et bien sur "UN LIEU DE VIE". L'identité de ce lieu de vie est telle, que le sentiment d'appartenance est grand, pour les enfants comme pour les éducateurs-trices. L'équipe, est en particulier la Directrice, veille à y faire régner un climat familial, avec une idée du respect qui traverse toutes les actions du quotidien.

L'état d'esprit qui habite la Grande Maison est clairement ancré dans les choix d'encadrement qu'a fait la Directrice au moment de sa création, il y a bientôt 30 ans. Ce qui était demandé aux personnes en charge des enfants, était avant tout de "coller" à des valeurs. Soit, en plus de l'amour et la disponibilité pour les enfants placés, le non-conformisme, l'athéïsme, la spontanéité, la critique de la consommation et la polyvalence. Autant de critères qui sont devenus des compétences humaines propres aux membres de l'équipe au fil des années, et quels-es que soient les nouveaux-elles arrivés-es dans l'équipe. A cette époque, les qualifications reconnues par des diplômes n'entraient pas en compte dans le choix des collaborateurs.

Aujourd'hui, cette réalité a un peu changé. Elle a été marquée par l'attribution du budget du canton de Berne il y environ dix ans. Ceci a permis à l'institution d'être reconnue d'utilité publique, mais lui a également imposé de répondre à des exigences cantonales. L'équipe compte à ce jour, une éducatrice HES et des stagiaires en formation ou pour des stages probatoires. La multiplication des métiers du social est arrivée jusqu'à la Grande Maison, alors qu'elle semblait loin et protégée de tout.. L'arrivée de ces nombreuses personnes apportent des questionnements, des regards critiques, une notion d'éthique, des méthodologies et un étayage théorique.

Malgré un désir de faire évoluer leur pratique, ainsi qu'un réel besoin de reconnaissance, subsiste la crainte de perdre "les fondamentaux". Dans un contexte institutionnel fortement ancré dans des valeurs pronant l'authenticité, la spontanéité, la créativité etc, il est difficile de faire entrer la notion de qualification comme étant un moyen d'appréhender des champs de prestations élargis. Voici les questions que je me pose, en lien avec cette affirmation :
  • Comment garder un état d'esprit intact malgré le temps qui passe?
  • Compétences humaines et qualifications sont-elles compatibles dans un lieu comme la Grande Maison?
  • Comment se servir des savoirs théoriques et méthodologiques acquis dans une formation HES, tout en préservant la spontanéité qui caractérise ce lieu? 
  • Comment les transmettre sans créer un sentiment de gêne, voir d'infériorité chez les collègues non-qualifies?  Dans l'idée de non-concurrence, car tout le mondre travaille pour la même mission: la relation d'aide".
Si je me situe du côté de ceux qui possèdent la qualification, j'ai réalisé en revanche durant ces six mois, que de s'éloigner des acquis théoriques permet de travailler avec le ressenti. Ce ressenti est un moyen de faire émerger sa créativité. La formation HES ne nous prépare pas à faire appel à notre créativité pour créer des approches nouvelles...




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