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Synthèse et suite de la journée
D. SYNTHESE FINALE

1. Synthèse de la journée

A la suite de l’allocution du conseiller d’Etat Charles Beer, responsable du Département de l’Instruction Publique, un débat animé s’est ouvert permettant de pointer les éléments suivants :

Cette journée est placée comme un élément incontournable du partenariat et du réseau des institutions autour d’une même préoccupation. Afin de poursuivre la réflexion, les différents secteurs d’activités - pas seulement l’animation dans ses composantes, mais également l’éducation sociale et les différentes institutions- devraient se rencontrer pour évoquer un certain nombre d’éléments qui touchent l’organisation du réseau en faveur d’une politique sociale large, non pas délibérément tournée sur la jeunesse.

Si nous voulons privilégier la rencontre autour du diagnostic, il faut stabiliser l’outil et faire en sorte que, notamment, les collectivités publiques, État et communes, s’entendent pour dire que, effectivement, et pour l’ensemble des magistrats directement concernés, au nom de leur parlement ou de leur assemblée municipale, l’objectif central est de définir des priorités afin de développer une intervention investie, non pas sur 2, 3 ou 4 ans, mais sur une décennie.

Interroger l’organisation des structures, la manière dont le secteur associatif et les éléments plus étatiques interagissent paraît incontournable, et le moment est venu de poser ces questions fondamentales. Il faut s’atteler à interroger le sens du social, dans un esprit de dialogue et pas de faillite. Les orientations générales sont clairement définies, contre les inégalités, pour que notre société demeure humaniste et démocratique.
Pour cela chaque acteur est invité à prendre une part active, engagée, déterminante, en lien avec les autres secteurs de l’intervention sociale.


2. En synthèse des ateliers et sous forme de conclusion de la journée

Trois mots-clés ressortent avec insistance de la journée : dialogue – diagnostic – évaluation.

Si le dialogue est de mise, c’est principalement dans une articulation avec le diagnostic qui se veut résolument « partagé », de même pour l’évaluation qui se doit d’être « interactive » si l’on veut se doter d’outils performants pour consolider la dimension participative de l’animation socioculturelle. Une politique de proximité nécessite des diagnostics partagés entre tous les acteurs. L’évaluation gagne aussi à être interactive, plurielle, avec des tiers externes pour qu’elle soit pensée et vécue comme dynamique et constructive.

L’animation socioculturelle ne peut s’auto-suffire. Pour son propre développement, elle se doit de travailler en réseau. Travailler en partenariat s’avère indispensable ; c’est par la reconnaissance de son propre territoire qu’il devient possible de respecter le territoire des autres champs d’action. Réfléchir collectivement afin d’être en mesure de mener un travail de fond pour saisir les différentes logiques d’action, et comprendre comment chacun, dans sa logique propre, met les choses en œuvre. Il faut pour cela ouvrir des lieux concrets de dialogue.
Du point de vue des structures, le champ du travail social dans son ensemble se doit de revisiter l’efficience de ses institutions. Revisiter les structures, ré-inventer et construire en partenariat.

Pour la formation HES, le constat est que le diagnostic et l’évaluation sont au cœur de la méthodologie de projet, centrale au métier, mais les professionnels peinent à savoir comment s’y prendre. Il faut donc retravailler ces aspects et inventer des pratiques qui s’imposent par leur pertinence sur le terrain. Pour l’évaluation, si le quantitatif peut être parfois utile, il n’est que secondaire par rapport aux dimensions qualitatives.

Les principaux points des ateliers ressortent ainsi :

Pour les professionnels :
L’évaluation ne doit pas être un instrument qui vise une diminution des ressources.
Les rapports d’activités devraient être plus « critiques » et permettre d’enrichir la réflexion par des retours évaluatifs de l’action, sans que la remise en question ne soit interprétée comme des manquements professionnels.
Une articulation est à trouver entre l’auto-évaluation et l’évaluation externe, en se rappelant que, dans la définition du projet, ce sont les acteurs qui participent au projet, qui s’emparent de l’évaluation comme phase de boucle rétroactive.

Pour les employeurs :
C’est la pratique évaluative de l’action et des projets qui permet la reconnaissance. Pratique évaluative à co-construire.
Lorsque l’animateur travaille avec des associations, il a un rôle de coordination de l’action devant favoriser un processus de diagnostic social réalisé par les acteurs associatifs. Cette dimension n’est pas toujours aisée à mettre en place.
L’animateur devrait jouer un rôle de gestionnaire de ressources et non de conducteur de l’action. Il faudrait parvenir à mettre en place un outil performant facilement utilisable par l’ensemble des acteurs.

Pour les étudiants :
L’évaluation est un outil à la prise de décision, non de sanction.
Il faut pouvoir sortir des mega structures qui ont le monopole d’un champ professionnel.
Travailler dans l’intergénérationnel demande à penser des acteurs intéressés par le participatif, comme les jeunes retraités, qui pourraient réinvestir le tissu associatif.
Valoriser l’action communautaire, reconstruire du relationnel, en réponse à une société de consommation qui répond de moins en moins aux attentes des publics, spécifiquement des publics défavorisés.


3. En conclusion :

L’objectif premier de cette journée était de faire ressortir des divergences et des convergences entre les différents acteurs.
La dimension romande est riche. Nous avons des choses à entendre. La dimension romande de l’animation avec des modèles pluriels est riche et génératrice de renouveau. Il faut trouver des espaces de rencontre et de dialogue pour sortir des logiques cantonales parfois paralysantes. Il y a d’autres expériences à aller voir à l’extérieur.
L’animation socioculturelle n’est plus en questionnement sur ses orientations : un accord s’établit sur différentes formes d’intervention allant de l’accompagnement personnalisé à la logique communautaire, ce qui importe reste la dimension émancipatrice des projets. La problématique est moins identitaire que tournée vers la recherche d’outils adaptés aux dimensions communautaires et émancipatrices. Les problématiques sociétales aujourd’hui nous confrontent à notre impuissance et c’est peut-être là l’occasion inespérée d’un renouveau salutaire. Cherchons ensemble de nouvelles pratiques, en partant d’un potentiel important. Tout ce qui a existé à Genève est remarquable. Il y a là un potentiel d’expertise non négligeable.
L’animation doit oser se frotter à ses frontières, faire reconnaître des spécificités, et, à partir de ses potentiels, chercher de nouvelles pratiques en réponses aux diagnostics partagés.
Cette journée ouvre des chantiers intéressants, et produit un important matériel pour réorienter les formations.
Une crise appelle le renouveau. Un chantier extraordinaire s’ouvre devant nous. Les jeunes professionnels doivent être écoutés et une place doit leur être accordée. La situation critique de l’animation socioculturelle genevoise peut constituer un matériau riche, un apport important à la réflexion.




E. Pour que se poursuive le dialogue...

La journée rappelle l’importance pour le terrain que soient précisées et partagées les références du métier : le positionnement politique de sa mission et les axes de développement de son action.

Suite à cette journée, un groupe de formateurs de la HETS-Genève s’est mis au travail, composé d’Ulrike Armbruster-Elatifi, Roland Junod, Joëlle Libois, Etienne Rouget et Danièle Warynski.

Ils ont rédigé une Déclaration, qui reprend des principes généraux pour l’animation, en affirme les fondements et leur pertinence dans les pratiques et la formation aujourd’hui.

Cette déclaration est appelée à circuler pour nourrir la réflexion, enrichir la pratique et … ouvrir au dialogue sur les lignes d’action de l’animation.

Une journée qui fera suite au 22 septembre est fixée au mardi 15 mars 2011, à Renens, afin de poursuivre la réflexion sur les points forts qu’elle a dégagés : dialogue, diagnostic, évaluation,…



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