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Politique de la ville

Il était une fois l'animateur socioculturel et son compagnon la politique de la ville.

 

 

Il était une fois l’animateur socioculturel parachuté dans un royaume complètement désolidarisé, où les inégalités sociales régnaient. Les gens ne savaient plus vivre ensemble, beaucoup de tensions étaient palpables. Chacun avait peur de son voisin.


Les sujets du royaume attendaient beaucoup de l’animateur pour rendre la vie en société plus supportable. Mais son cheval blanc et son épée de duel ne lui suffisaient pas. Il devait se trouver des compagnons de route pour arriver à son but final : la cohésion sociale. Le vivre ensemble était son Graal. Mais voilà que dans sa quête, une problématique avait déjà pointé le bout de son nez et avait fait des ravages : la mondialisation. Cette sorcière engendra des maladies qui affaiblissaient peu à peu la population. Le chômage des jeunes, le vieillissement de la population, l’exclusion, l’isolement et la discrimination, pour ne citer que celles-ci, désolidarisaient la populace.


Après le constat miséreux de cette société, l’animateur décida d’agir avec son compagnon, la politique de la ville. Ce dernier avait déjà pensé à un plan de bataille mais l’animateur socioculturel avait un rôle à jouer. La politique de la ville s’occupait d’assurer une certaine dynamique dans les quartiers en les aménageant de façon à éviter l’isolement des résidants. Elle pensait aux espaces publics, aux rues piétonnes, aux transports et aux logements. Tout cela pouvait très bien s’imbriquer, mais il fallait que l’animateur socioculturel soude le tout. Pour cela, il s’était muni d’outils qu’il transportait dans son grand sac : la besace de l’animation socioculturelle. Il en sortit une longue vue réglable à volonté. Celle-ci permettait de voir le microscopique et le macroscopique. Ainsi, l’animateur comprenait que les problèmes rencontrés par les individus pouvaient être les répercussions de la mondialisation. De plus, ses oreilles étaient très sensibles. Il entendait les moindres murmures, idées, revendications et mécontentements qui émanaient des ruelles. Il était à l’écoute, du palais aux tavernes.


En récoltant les dires, l’animateur avait une vision globale des besoins et des insatisfactions dans le royaume. Il commença par mettre les habitants en connexion. Grâce à ses outils, à son savoir-faire et à l’aide de son compagnon, les gens du royaume parvenaient à tisser des liens. L’animateur savait provoquer l’étincelle pour mobiliser la population autour de projets. Il souhaitait faire participer les habitants aux changements de leur quartier et les invitait à mettre des couleurs et de la vie dans leurs chaumières mais aussi sur la place du village. Il leur demanda : « quelles sont vos idées pour investir les espaces publics et comment les aménager pour que tout le monde puisse se sentir bien dans le royaume ? »


Avec sa longue vue, il vit que dans certains quartiers la vie au quotidien était plus difficile à supporter. La vie nocturne était rythmée par les duels que se lançaient les crapules et par les ivrognes hurlant des chansons paillardes à tue-tête ! Les mères craignaient pour leurs rejetons ! Les bourgeois désertaient leurs maisons ! Ainsi, ces quartiers avaient fort mauvaise réputation et se coupaient peu à peu de la ville. Pourtant, l’animateur était conscient qu’il fallait les intégrer à la ville. Car en évitant d’isoler le quartier, les habitants échapperaient à l’isolement social. Ce dernier était la bête noire de l’animation socioculturelle.


L’animateur pensait alors à promouvoir la mobilité physique et les possibilités participatives des habitants. Il glissait gentiment vers un nouveau concept qui pouvait l’aider à rétablir l’égalité des chances : l’empowerment. L’animateur rappelait aux habitants qu’ils étaient tous dotés d’un pouvoir d’agir sur leur vie quotidienne et qu’il ne fallait surtout pas le sous-estimer. Il clama haut et fort: « être dans l’agir ne résout pas tous les problèmes ! Mais le climat entre les citoyens du royaume en sera changé ! ». Les habitants et l’animateur se mirent à réfléchir ensemble. Ils se demandaient comment investir l’espace public pour que les plus âgés se sentent en sécurité et qu’il y ait des terrains de jeux pour les plus jeunes. Tous se mirent au travail, soutenus par le compagnon, la politique de la ville, pour aménager des espaces verts, proposer des loisirs et une offre culturelle accessible à tous.


L’animateur n’avait pas peur des défis ! Il tentait également de mettre des actions en place pour les groupes marginalisés. Il observait, afin de repérer toutes les potentialités à investir dans le quartier. Son compagnon, la politique de la ville, était parfois trop impatient d’attendre que les changements s’opèrent. L’animateur ne se décourageait pas, car il savait que, parfois, il fallait du temps pour que la petite graine semée pousse et prenne racine. Il était créatif et s’appuyait sur le potentiel présent pour que, petit à petit, le climat des relations se modifie, pour que la poussière soit faite dans chaque recoin du grand royaume. Il ne laissa rien au hasard, passant de ruelles en ruelles, de chaumières en chaumières, en passant par les écuries, les tavernes et le palais. Il souhaitait que tous les habitants se sentent à nouveau appartenir au royaume. Il ne se lassait pas de souffler à qui voulait l’entendre : « lorsqu’on existe dans son quartier, on existe au monde ».


Par Rachel Riesenmey et Audrey Pasche





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