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Maintien à domicile

Notre première observation s'est portée dans un premier temps sur la manière avec laquelle l'État apporte une solution viable aux besoins de cette population. En effet, cela coûte plus cher à l'État de maintenir une personne âgée en EMS, plutôt qu'à domicile. A l'inverse, « rester chez soi » coûte plus cher aux familles et aux aînés. Mais où est la limite du maintien à domicile? Il s'agit d'un important défi, car la population âgées augmente, ainsi que leur longévité de vie, et, avec cela, les difficultés de rester autonome. De plus, il est important de respecter le souhait de la personne âgée qui se traduit par le simple désir de rester chez soi, tout en veillant à ce qu'elle vive dignement !

 

 

1.Enjeux pour l’animation


Depuis quelques années, le maintien à domicile des personnes âgées commence à intéresser les politiques d’action sociale et de santé car cette problématique englobe tant des aspects économiques, sanitaires qu’humains (sociaux). Cela dit, ce choix et son financement doivent être pensés ou repensés en fonction des fragilités que rencontrent ces personnes âgées. Cette problématique représente un enjeu important pour les secteurs de la santé et du social, car ces deux domaines se doivent d'être complémentaires sur le terrain. La collaboration entre ces deux secteurs doit être pensée dans le but de pouvoir répondre aux demandes émergentes des familles et des aînés. En effet, les personnes âgées nécessitent des soins très importants selon leurs dépendances, mais aussi des relations humaines.

En outre, l’accroissement de cette population mérite une attention particulière de la part des travailleurs sociaux, car les questions et les enjeux se posent d’une part sur la place qu’occupent ces personnes âgées dans la société, (une société qui exclut de plus en plus les personnes inactives) et, d’autre part, sur leur volonté propre de rester utiles et actives.

Insérée dans un dispositif social, cette population a le droit de vivre pleinement sa vie. La mission du travailleur social (animateur), en amont, sera donc de travailler dans une perspective individuelle pour aller, en aval, vers le collectif afin de réorganiser la vie des ainés autour de ressources matérielles, culturelles, interculturelles, relationnelles voire identitaires dans un cadre physique restrictif qui est le domicile. Le travailleur social comblera petit à petit la solitude des aînés tout en respectant l'espace intime de la personne.

 

Comment créer un lien avec une personne âgée qui a des carences affectives et/ou qui a eu des troubles affectifs ? Pour cela, l'intervention doit être la moins intrusive possible. D'ailleurs, tout intervenant extérieur doit respecter la personne ainsi que son domicile. Il s'agit d'un espace privé où se trouve « la vie » des personnes âgées. En effet, la « mémoire des objets » est indispensable pour que la personne âgée conserve son identité et qu'elle se sente chez elle. Alors les déplacer ou les prendre  peut être perturbant pour elles, et cela peut créer des conflits (accusation de vols ou autre).

 


2.Positionnement de l’animation dans le champ étudié


L’intervention du travailleur social (animateur socioculturel) repose sur des questions éthiques. Les pratiques professionnelles s’appliquent en fonction des besoins de la personne. De plus, l’intervention peut être une réponse à un problème de rupture dans l’identification de repères identitaires. Ceci nous amène à prendre la position d’un observateur face à la personne concernée, pour ensuite interagir avec elle dans le but de la réintégrer dans son milieu social. Le tout dans une démarche de citoyenneté. Ainsi, l'un des objectifs est de développer des comportements individuels et collectifs chez les personnes âgées.

L’intervention de l’animateur socioculturel, en plus de promouvoir du lien social, sera  d’aller vers cette population et cela dans un contexte de relations humaines afin de comprendre et bien agir sur les besoins de la personne âgée. D’autant plus que l’animateur est appelé par prérogative « à offrir un soutien aux populations fragilisées afin d’éviter l’exclusion en améliorant leur qualité de vie ».

 


3.Réflexion (questionnement, perspectives, propositions)


La société dans laquelle nous vivons (pays industrialisés) contraint un certain nombre de groupes de personnes à l’exclusion. Parmi eux : les « vieux », considérés comme improductifs au niveau économique. C’est donc la société qui crée cette catégorisation discriminante. Souvent, à partir du système de retraite mis en place, les personnes entrent dans la vieillesse. Ces personnes âgées sont alors face à une rupture sociale associée au processus de vieillissement.

Certes, l’État commence à se soucier du bien-être de ses vieux depuis plusieurs années. Ainsi, l’accompagnement à domicile de ce groupe de personnes va à contre-courant de l’exclusion et de la marginalisation. Enfin, les questions que nous nous posons vont dans ce sens. En fait, à qui faire appel pour organiser le maintien à domicile de ces personnes ? Comment trouver l'organisme compétent pour accompagner ces démarches? Quels sont les soins élémentaires à apporter à une personne dépendante ? Si on prend en compte le fait que l’animateur n’est pas formé pour donner des soins à une personne, comment améliorer le bien-être de l'usager au quotidien? Quelle animation pour quelle personne ? Où est la limite du vivre à domicile ? Quand est-ce que la personne a une qualité de vie mauvaise et non sécurisante qui impliquerait une entrée en institution? Le travailleur social serait donc le garant de « qualité de vie des personnes âgées, et ce serait également les animateurs qui prépareraient les entrées en institutions ? Etc.,

De nos jours, les personnes âgées préfèrent rester chez elles, refusant un placement en institution de plus en plus coûteux. D’ici à quelques années, le nombre de personnes âgées augmentera (le double) de même que leurs besoins. De ce fait, le maintien à domicile des personnes âgées intéresse non seulement les politiques de santé mais aussi le social. En effet, le vieillissement produit la rupture, c’est donc dans ce champ d’intervention que l’animateur va se positionner en tant que travailleur social.

 

Propositions :

Une des compétences de l’animation socioculturelle est de favoriser la créativité, l’expression et le dialogue chez la personne. De l’identification de la demande dépendra la réussite de l’intervention. Concernant les personnes âgées vivant à domicile, l'un des objectifs est d'apaiser les problèmes d’isolement et de rupture dont souffre cette population-là. L’animateur devra également travailler dans le but de renforcer le lien social. La socialisation est essentielle afin d’intégrer les personnes âgées dans la société. De plus, il serait éventuellement intéressant de travailler avec le reste des citoyens sur la notion de solidarité entre les personnes âgées.

Entre autre, travailler sur la représentation des personnes âgées dans la société peut être aussi pertinent. Cela représente un travail de longue haleine, mais ceci nous semble essentiel. Cela permettrait aux personnes âgées de ne plus se sentir inutiles, d’oser solliciter l'aide de leur famille,  et d'oser frapper à la porte du voisin sans avoir peur de déranger. Il est important de développer des valeurs de respect envers cette population, car, un jour, nous aussi nous serons vieux !

De plus, apprendre à « bien vieillir » permettrait aux personnes âgées d'accepter « peut-être » plus facilement les changements liés à l'âge (retraite, rôle, corps, etc.), et même d'anticiper leurs besoins sans avoir « honte » (ex: oser acheter un déambulateur plutôt que de se retrouver en chaise roulante). Pour ce faire, l’intervention doit se faire au quotidien. Cela dit, il faut être attentif aux mouvements, gestes, actes afin d’entretenir la communication. Il existe en effet divers moments qui favorisent l'échange et l'interrelation tels que la préparation d'un repas avec la personne, stimuler et responsabiliser la personne, proposer et organiser des sorties culturelles, créer des espaces de rencontres interculturelles et intergénérationnelles, travailler autour de la musique, de la danse etc. Puis, continuer de créer des liens avec la même prérogative afin d’améliorer la communication et l'interrelation à travers l’expression des émotions.

En outre, nous, les travailleurs sociaux, nous sommes appelés à créer un lien avec les usagers dans un premier temps, puis à créer un réseau de partenaires qui nous permettra de répondre aux besoins émergents des personnes âgées. Le réseau proposera des espaces et des lieux d’accueil afin de permettre aux personnes de sortir de chez elles, de faire des rencontres, comme cela a été dit auparavant, qui les valoriseront et les soutiendront. Il y aura peut-être même la possibilité de proposer du « divertissement » chez les aînés. Par exemple, un accueil de jour dans une maison de quartier ou un centre de loisirs, permettra de développer une approche intergénérationnelle voire interculturelle en profitant de l’infrastructure et en fréquentant la population du quartier et du réseau.

De plus, suite à diverses discussions, nous pensons qu'il serait pertinent d'aider les personnes âgées (de sensibiliser les familles des personnes âgées) à aménager leur logement selon leurs difficultés et leurs besoins, car il en va de leur sécurité. Le risque de chute est souvent trop important. Il est également important que leur domicile soit un lieu favorable à l'accueil pour recevoir des personnes extérieures (rencontres) si les aînés le souhaitent. En effet, certains nous ont avoué qu'ils « n'osent pas déranger leurs voisins, mais que, eux, ils aimeraient bien être dérangés plus souvent ! »





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