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L'animateur socioculturel a-t-il un rôle à jouer dans le champ de l'action communautaire ?

 

L’animateur socioculturel a-t-il un rôle à jouer dans le champ de l'action communautaire ?

L'action communautaire, champ traditionnel de l’animation socioculturelle, s'est ouverte à d’autres professionnels, entre autre issus de cursus universitaires. De plus, une nouvelle formation niveau Ecole Spécialisée en action communautaire est en train de voir le jour. De par sa formation, l’animateur socioculturel développe des compétences spécifiques à son domaine. Dans quelle mesure ces compétences peuvent-elle être mises au bénéfice de l’intervention communautaire ?

 

Nous ne visons pas ici une liste exhaustive des compétences du professionnel en intervention communautaire ; nous nous sommes focalisés sur les compétences spécifiques que les animateurs socioculturels de niveau HES peuvent faire valoir dans ce champ d’action.

 

Nous entendons, par intervention communautaire, l'intervention des professionnels visant à améliorer la qualité de vie des habitants, en renforçant les liens sociaux et le pouvoir-agir des personnes et des communautés. Ce travail s'inscrit dans la durée et implique tous les habitants, utilisateurs et professionnels du quartier ou de la commune. La définition de l’animation socioculturelle donnée par le Conseil de l’Europe nous apprend que : « Son action vise à organiser et à mobiliser des groupes et des collectivités en vue d’un changement social. Elle s’exerce sur la base d’une participation volontaire et démocratique faisant appel à la notion de citoyenneté ».

 

Durant sa formation, l'animateur socioculturel développe un certain nombre de compétences, de savoirs et d’outils de travail, tels que la méthodologie de projets, la gestion de groupe, la dynamique de groupe, les notions de systémique, etc. La démocratie participative y est aussi largement abordée. De plus, la remise en question et la souplesse dans l’intervention (posture de praticien réflexif du travailleur social) nous semblent primordiales et occupent une grande place dans la formation Hets. Dans la pratique communautaire, cela se traduit par l’observation du terrain et de ses propres pratiques, afin de faire évoluer les diagnostics, d’ajuster les objectifs et leurs moyens de réalisation (recherche-action).

 

Focalisons nous à présent sur le professionnel en intervention communautaire.
Tout d’abord, le professionnel de l’intervention communautaire, comme l’animateur socioculturel, croit fondamentalement en les compétences que les gens peuvent mettre à profit pour exercer leur pouvoir d’agir. Ses objectifs ne sont donc pas de résoudre les problèmes que les individus rencontrent. Il doit éveiller l’attention de la population sur un certain nombre d’enjeux et lui permettre de comprendre les mécanismes d’une problématique pour la prendre en charge collectivement. C’est ainsi qu’il peut favoriser l’action communautaire. Cela suppose une écoute attentive, savoir repérer les ressources individuelles et collectives, ainsi qu’un travail de proximité important. Tous ces éléments font partie des outils indispensables à la pratique d’un animateur socioculturel.

 

Plus précisément, le professionnel de l’intervention communautaire est un observateur : il consacre une attention particulière au diagnostic participatif. Nous avons vu plus haut que la participation citoyenne est largement abordée dans la filière animation de la HETS. De plus, l’étudiant animateur est familiarisé avec les enquêtes de terrain et le diagnostic social. Le professionnel de l’intervention communautaire favorise les échanges et les rencontres qu’implique la mobilisation de solidarités de proximité. Par ailleurs, comme devrait l’être un animateur socioculturel, même en maison de quartier, il n’est pas porteur des projets : il est au service de, en faisant « avec » et pas « pour ». Il doit donc être capable de renoncer si le projet n’est plus porté par les habitants et, en cela, faire preuve d’humilité. Ce rôle délicat exige des ajustements constants et l’exercice d’une pratique réflexive évoquée plus haut.

 

Cet article ne vise pas une défense corporatiste du métier d’animateur socioculturel. Il n'est pas indispensable d'être animateur pour avoir une éthique ou une idéologie personnelle. Il s’agit ici de mettre en avant une méthodologie, des compétences et des outils dont l’animateur socioculturel dispose. Grâce aux quelques éléments développés précédemment, nous voyons bien que les compétences de l’animateur socioculturel peuvent lui permettre une approche pertinente et construite pour œuvrer dans le champ de l'action communautaire. Nous pensons donc que l’animateur a toute sa place dans ce champ du travail social.

 

Nous nous sommes attachés ici à repérer les compétences que l’un des acteurs du terrain, l’animateur socioculturel HETS, peut mettre à profit en intervention communautaire. Il serait intéressant, à la suite de cette réflexion, d’identifier les compétences des professionnels issus d’autres cursus de formation, afin que chacun puisse trouver une complémentarité et une amélioration de sa pratique sur le terrain.
 





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