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Duarte Pais Sabrina

 

La qualité d’accompagnement dans les structures pour personnes âgées 

 

Dans notre société, une vision négative est cultivée concernant les structures dans lesquelles résident des aînés-retraités, comme les établissements médico-sociaux (EMS). Nombre de résidents sont cependant épanouis dus à l’évolution de ces institutions et à la nouveauté apportée par les professionnels grâce à leur formation et leurs expériences. Mais une question reste tout de même importante à poser : « Comment apporter un accompagnement adapté à chacun lorsqu’un lieu de vie comporte entre 80 et 100 résidants ? »

 

Il est souvent dit que dans certains corps de métier, on voit des professionnels qui ne trouvent plus de sens dans leur pratique due à la routine, au nombre d’années travaillant dans la même structure, mais aussi, à cause des pressions institutionnelles ou à l’impossibilité d’accomplir sa mission. Par conséquent, l’accompagnement perd en qualité à travers des tâches, des animations et des services rendus par les employés. En apportant un autre type d’attention dans ces moments-là, comment pourrait-on augmenter l’intensité de ce qu’on peut proposer en matière d’attention et de qualité ?

 

Lorsqu’un aîné entre dans un établissement médico-social, il ressent un sentiment d’épanouissement, car il n’aura plus besoin de faire certaines tâches du quotidien pouvant être éprouvantes pour lui lorsqu’il devait les réaliser tous les jours. Pourtant, il ressentira à un moment donné, un ennui dû au manque d’autonomie et d’indépendance dans les tâches quotidiennes telles que le ménage et/ou la réalisation du repas. Cela pouvait être pour eux, une des raisons pour exister puis, trouver un moyen d’occupation à travers des mots croisés et la télé devient très vite ennuyant. De plus, les horaires programmés pour les repas, les animations et les soins uniformisent l’encadrement de la personne âgée. En effet, elle ne peut plus faire tout ce qu’elle souhaite quand elle veut dû aux horaires à respecter. C’est une problématique que rencontrent la plupart des bénéficiaires ne se sentant ainsi, plus comme chez eux.

 

 

 

D’un point de vue professionnel, cela est également un problème, car, répondre aux besoins de chacun est une tâche rudement difficile à faire lorsqu’il y a beaucoup de bénéficiaires dans la structure et peu de professionnels. En prenant exemple sur une institution se trouvant au Québec, quelques pistes s’ouvrent sur les solutions que les établissements médico-sociaux peuvent avoir sur ces aspects d’accompagnement.

 

En effet, la maison Carpe Diem est une structure qui accueille des personnes âgées ayant des démences cognitives telles que la maladie type Alzheimer ou d’autres démences apparentées à celle-ci. « La priorité de cette institution est la relation à l’autre, de mettre à profit le jour présent et de faire en sorte que la personne âgée ait du plaisir à travers les gestes du quotidien. » (Nicole Poirier, 2005). Carpe Diem signifie, « on ne sacrifie pas la vie aux règles » et c’est de la façon suivante que l’établissement respecte cette philosophie ; le fait qu’il n’y ait pas une heure fixe dans la maison et que les personnes ont accès à la cuisine alors que cela est généralement interdit. Cela permet aux bénéficiaires de se sentir libres, comme chez soi, et autonomes, tout en se rapprochant le plus possible d’un lieu de vie.

 

De plus, Nicole Poirier exprime l’importance du langage verbal, car cela peut être parfois mal interprété par nos aînés. Elle conseille fortement à ce que les professionnels utilisent le mot « nous » si « nous allons faire quelque chose ensemble » ou « vous » si c’est une tâche que la personne doit faire comme, se laver, manger, se changer, etc. Tout cela se fait en parallèle de l’exercice de confiance. Cet exercice se fait à travers le respect du rythme de l’usager tout en ne le maternant pas (le laisser libre), mais en gardant tout de même un œil sur l’environnement de ce dernier.

 

 

 

Suite à des constats réalisés auprès de foyers de jour accueillant environ 15 personnes par jour, un point principal a été relevé : celui de l’accompagnement individuel dans ce type de structure. Les hôtes qui s’y trouvent sont épanouis grâce au suivi individuel fait par les professionnels. En effet, une atmosphère chaleureuse se dégage dans ces établissements par le fait que l’échange ou la manière d’exprimer un besoin de la part d’une bénéficiaire est mis en valeur. Des apports théoriques, des connaissances et des expériences sont partagés entre professionnels afin qu’ils puissent apporter un accompagnement de qualité en constante évolution.

 

En Europe, la validation selon Naomi Feil, est un apport théorique énormément recommandé pour apporter un sentiment de dignité et d’estime de soi auprès des personnes âgées souvent affectées par des regrets ou autre. C’est une méthode qui s’utilise à travers la communication verbale, si la personne se trouve dans un stade appelé « malorientation » ou bien « confusion temporelle ». Elle utilise également la communication non verbale si elle se trouve plutôt à un stade plus avancé appelé « mouvements répétitifs » voire même « d’état végétatif ». La validation ne guérit pas une personne à un stade avancé, mais elle peut faire en sorte de maintenir un aîné au stade dans lequel il peut communiquer verbalement.

 

À travers ces divers apports, on peut émettre l’hypothèse que plus la structure est petite, plus l’accompagnement est d’une meilleure qualité. En effet, il est plus facile de se concentrer lorsqu’une institution accueille peu de personnes, car cela permet aux professionnels d’avoir une observation plus facile, ce qui n’est pas le cas lorsqu’il faut s’occuper de 40 personnes en même temps.

 

Questionnement :

  • Les établissements médico-sociaux ayant une grande structure sont-ils adéquats pour apporter un accompagnement individuel adapté à chaque résidant ?
     
  • L’animation répond-elle réellement aux besoins des bénéficiaires d’un grand établissement médico-social ?
     
  • Comment apporter des activités les plus adaptées à tous ?
     
  • Faut-il seulement privilégier les personnes atteintes d’une démence ?
     
  • Les personnes qui n’ont pas de problèmes sont-ils vraiment épanouis au sein d’un établissement médico-social ?
     
  • Est-ce problématique de prendre du temps auprès d’un résidant ressentant le besoin de compagnie, de partager un besoin et d’être écouté ?
     


     

    Sabrina Duarte Pais


     


Bibliographie
 

Livre : 

  • FEIL, N. (1997). Validation mode d’emploi : Techniques élémentaires de communication avec les personnes atteintes de démence sénile de type Alzheimer. Paris : Pradel.

Film :

  • SERFATY, L. (2005). Alzheimer jusqu’au bout la vie : La Maison Carpe Diem. France : Fondation de France.
     
  • L’institut de Formation M&R. (2012). Les bases de la méthode de validation appliquées à la pratique quotidienne en Gérontologie : Approche et attitude illustrées et commentées à l’usage des soignants et des aidants. France : Reims.

Site internet :

  • Maison Carpe Diem. (2018). Carpe Diem : Centre de ressources Alzheimer. Consulté le 19.06.18 sur http://alzheimercarpediem.com


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